Le Mur de L'Atlantique

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 La forteresse Atlantique part III

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ORION

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MessageSujet: La forteresse Atlantique part III   Lun 13 Avr 2015 - 0:10

Suite part I - II


Aperçu des évènements ayant contribués au débarquement du 6 juin

Les préparatifs:

1944, la guerre se poursuit sur tous les fronts. En Europe un bouleversement titanesque se prépare, une vaste opération de débarquement devant entraîner la libération de la France et la capitulation de l'Allemagne.
Le premier soucis des alliés réside dans le choix de la zone d'attaque; elle peut s'étendre du nord jusqu'à la pointe de Bretagne, mais quel est l'endroit idéal qui offre toutes les possibilités de succès, en tenant compte d'un minimum de pertes à subir. Au premier abord, aucune zone du littoral n'est favorable à 100% à ce genre de situation. Il faut néanmoins faire un choix et on étudie chaque portion de rivage qui font l'objets de repérages intensifs. Dans le Pas-de-Calais la concentration des points-d'appuis et la présence des batteries lourdes autour des points stratégiques ne retient pas une attention particulière. Certes la proximité de l'Angleterre est un facteur important, notamment dans le soutien aérien et la faible distance qui sépare l'Angleterre de la France, mais en prenant en considération les avantages et les inconvénients qu'offrent ce secteur, les chances de remporter une victoire totale sont quasiment nulles. L'absence d'un grand port et la prolifération des défenses ne semblent pas intéresser les alliés au plus haut point. La question essentielle reste de savoir si l'armée peut envisager une action en Bretagne. Pas question répondent les stratèges, le découpage de la côte rend l'opération impossible. Reste deux possibilités, car pour assurer le ravitaillement des troupes, il faut disposer d'un port assez conséquent pour acheminer la logistique nécessaire aux besoins des divisions débarquées, et posséder un aérodrome subvenant à l'aviation.
Si l'on observe une carte du littoral de la Manche, le regard est attiré vers la presqu'île du Cotentin; Cherbourg semble l'emplacement adéquat, mais là encore, le danger d'être enfermé dans le nord de la péninsule et le manque d'aérodromes fait pencher la balance pour un autre secteur, la baie de Seine.
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Von Rundstedt et Rommel à Paris en 1943 (BA)

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La baie de Seine. Les côtes normandes offrent de belles plages et la densité des ouvrages défensifs y est plus faible qu'ailleurs. La baie se trouve à l'abri du Cotentin qui constitue un barrage naturel contre les vents d'ouest. Par ailleurs, la ville de Caen possède le terrain d'aviation de Carpiquet. L'absence d'un port reste nonobstant une question sans réponse. Il est toutefois possible de prendre Cherbourg à revers et de s'emparer de la ville et de ses installations portuaires. Le choix des plages normandes à cependant deux inconvénients qui sont mis de côté face aux avantages indiscutables qu'offre le littoral:
A: la distance franchissable pour les navires se trouve considérablement allongée,
B: l'éloignement des bases réduit l'efficacité de l'aviation. La zone est néanmoins délimitée entre Ouistreham et les plages de la côte est du Cotentin. Elle est divisée en cinq secteurs auxquels on donne les noms suivants:
Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Juno Beach et Sword Beach.
Pour mener à bien une entreprise de cette envergure, les chances de succès résident dans la connaissance approfondie des lieux et des emplacements de la défense ennemie. Ce rôle est confié en partie à l'aviation et à des actions de commandos, aidés dans leurs tâches par la résistance française. Les informations provenant des appareils de reconnaissance volant à basse altitude, permettent d'obtenir des photographies situant la plupart des champs de mines, mais également les ouvrages en constructions et surtout, des clichés étonnants montrant les défenses submergées et les obstacles de plage. L'expérience acquise par la photographie fait opter pour un débarquement à mi-marée juste devant les obstacles. A marée haute les troupes seraient trop exposées au feu de l'ennemi.
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La batterie de Crasville dans l'est Cotentin, 1261e régiment d'artillerie côtière, Stp 142, 4 x 105 K 331 (f) sous casemates R 671 et R650 (US Army)

De l'autre côté de la Manche, Rommel est persuadé qu'étant donné la puissance de feu de l'armée allemande, le débarquement ne peut s'effectuer qu'à marée haute et de nuit, pour ne pas mettre les troupes à découvert. Fort de ses observations, il a fait disposer les obstacles en conséquence.

Avec les pieux coiffés de mines, les tétraèdres, hérissons tchèques etc..., vouloir débarquer de nuit s'avère une opératuion suicidaire. Il faut donc se décider pour le jour «J», le plus tôt possible pour que les objectifs fixés pour le D-DAY puissent êtres atteints. Ainsi, le choix d'un débarquement à mi-marée et à l'aube, dans une zone comprise entre Ouistreham et le Cotentin, est-il enfin défini. Reste maintenant à organiser l'attaque proprement dite, et pour cela, disposer d'un port. Dans un premier temps les troupes débarquées doivent assurer une tête de pont par laquelle hommes et matériels s'engouffreront dans les jours qui suivent le débarquement. Comme on ne peut prendre Cherbourg, la solution intermédiaire consiste à en construire un. La pose sur le fond de la mer de vieux cargos servant de brise-lames reçoit une certaine approbation. Plusieurs digues matérialisées par des caissons creux en béton de 75 mètres de longueur et de 3 à 6000 tonnes sont fabriqués dans le plus grand secret. Ces digues doivent êtres coulées sur place (caissons Phénix). 73 Phénix sont prévus pour la réalisation d'un port, mais comme il en faut deux, ce sont 146 Phénix qui sont mis en chantier et qui devront être placés devant Arromanches et St.Laurent-sur-mer. La distance entre les Phénix et le rivage est assurée par des jetées flottantes. Les deux ports artificiels portent les noms de Mulberry A et Mulberry B.
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La batterie de Crisbecq-St.Marcouf, est Cotentin, armée de pièces de 210 mm (US Army)

Le problème du ravitaillement en carburant est élucidé par la pose d'un pipe-line à travers la Manche, enroulé sur des tambours de 15 mètres de diamètre flottant à la surface et hâlés par des remorqueurs. Chaque tambour porte 100 km de tubes et pèse 1600 tonnes.
La 1ère Armée américaine du général Bradley est assignée à deux plages, Utah 7eme Corps U.S. Et Omaha 5eme Corps U.S.. La 2eme Armée britannique se voit attribuer trois plages, Gold 30eme Corps, Sword et Juno 1er Corps. Préalablement l'aviation doit bombarder les objectifs ferroviaires, les ponts, les aérodromes, batteries côtières et stations radars. Elle devra également neutraliser les attaques possibles de la Lüftwaffe et de la Kriegsmarine.
L'opération est baptisée OVERLORD.
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Un tambour destiné à l'approvisionnement en carburant, porte 100 km de tubes (IWM)

L'opération Neptune:

En Russie l'armée allemande recule. En Italie les alliés progressent vers le nord. Sur les côtes nord de la France, la forteresse imprenable du Mur de l'Atlantique pointe la gueule de ses canons vers le large. Les marais et de larges zones en bordure du littoral sont inondés. En Angleterre, 50000 véhicules et 10000 avions sont rassemblés, prêts à l'embarquement. On a prévu pour la constitution de la flotte (opération Neptune) plus de 4000 navires de tous types. Les installations portuaires du sud du pays ne suffisant pas à l'accueil d'une telle armada, 130 Hards (embarcadères) sont construits. La traversée de la Manche pose cependant problème. Comment organiser le transport des hommes, du matériel et des munitions? Comment former les écrans constitués par les navires de guerre, afin de protéger les flancs de la flotte? Comment aménager l'espace marin séparant les deux côtes, pour que les bâteaux ne se gênent pas mutuellement sur une mer houleuse et sujette aux caprices d'une météo souvent contradictoire? Le problème des radars ennemis vient se greffer à la liste impressionnante de questions.
En quatre mois, 6000 avions larguent plus de 70000 tonnes de bombes sur le territoire français. Les 6 et 7 mars 1944, l'aviation pilonne suystématiquement tous les carrefours, le réseau de chemin de fer, les voies de communications. 15 grandes gares de triage et 50 dépôts sont ainsi bombardés. A partir du 21 les ponts subissent des attaques massives. 16 ouvrages entre le Havre et la capitale sont détruits. Des 8 ponts en place, 5 sont impraticables. Les aérodromes reçoivent leur quota de bombes dans un rayon de 200 km autour de la côte.
Dans les ports de l'Angleterre l'embarquement s'achève. Les hommes sont entassés sur les ponts et dans les entrailles des navires. Le 5 juin, la tempête qui sévit en Manche oblige les transports à regagner les ports. Enfin à 21h00 c'est le grand départ. La flotte appareille et cingle vers le littoral normand. La mer est forte et houleuse, les hommes souffrent du roulis et du tangage. L'angoisse qui ronge les tripes n'est pas de bon augure. Ces soldats savent ce qui les attends de l'autre côté de la Manche; les formidables défenses allemandes, ils les connaissent.
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La traversée de la Manche sous la protection de ballons captifs

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Navires de débarquement en route vers la normandie (IWM)

Les convois en partance empruntent quatre couloirs qui aboutissent à un point de rendez-vous au centre de la Manche et appelé Spout ou Picadilly-Circus. A partir de là les navires doivent s'aligner sur des chenaux de 400 mètres de large, balisés de bouées lumineuses, et ce jusqu'aux plages. A chacune de ces plages, deux couloirs doivent permettre aux navires rapides et lents de progresser séparément. Pendant toute la traversée les convois sont sous la protection de ballons de barrage destinés à contrer les attaques éventuelles aériennes, et les flancs du dispositif naval placés sous le contrôle d'escorteurs.
4126 bâteaux, protégés par plus de 500 navires de guerre, survolés par 13000 avions et transportant 140000 hommes, voguent vers la France. Pendant ce temps, la 101eme, 82eme et une division britannique, la 6eme aéroportée, s'apprêtent à fondre sur les troupes allemandes. La flotte elle-même est divisée  en deux groupes ou Task-Forces.
La Task-Force occidentale dévolue à la marine américaine, comprend 1700 navires de débarquement, appuyés par 3 cuirassés, 10 croiseurs, 35 contre-torpilleurs (destroyers), et par un nombre important de bâtiments légers telles les frégates, corvettes, sloops, patrouilleurs et dragueurs.
La Task-Force orientale (marine britannique), dispose de 3 cuirassés, un monitor, 13 croiseurs, 44 destroyers et une quantité appréciable de petits navires. Cette escadre protège 2426 bâteaux de débarquement. Les deux groupes sont également divisés en 5 forces correspondant aux 5 plages.
Avec l'élargissement de la zone d'invasion de 50 à 80 km, le nombre des unités augmente en conséquence. Au total, 7 cuirassés, 148 escorteurs, 93 destroyers. Pour faire diversion et brouiller les radars Allemands, une escadre équipée d'un système de leurres et des patrouilles aériennes sont envoyées vers la côte nord de la France.
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Le débarquement (US Army)

Au milieu de la Manche, malgré le mauvais temps, l'angoisse et la peur, les soldats lèvent la tête lorsque les escadrilles remontent les convois. A 8 km devant la flotte, les dragueurs coupent les câbles des mines qui remontent en surface. Elles sont aussitôt balisées de bouées. Dans les airs, 1036 bombardiers britanniques larguent 5000 tonnes de bombes sur les ouvrages du Mur de l'Atlantique. Ils sont suivis par 1636 appareils américains.
L'opération se déroule sans incidents majeurs, aucune réaction de la terre ni de l'aviation ennemie. Vers Cherbourg, des gerbes lumineuses se manifestent soudain. La DCA allemande, alertée par les vagues d'avions, déclenche un barrage meurtrier. Le bruit sourd des explosions contre les batteries côtières se répercute jusque dans la baie de Seine. A bord du croiseur français Georges-Leygues, l'équipage aperçoit plusieurs avions en flammes. Il est 04h50 du matin.
A 05h00 les hommes déjeunent une dernière fois. Les plages sont là, devant eux. Silence pesant et inquiétant. Pas de canons pour les accueillir, la terre semble encore endormie.
Soudain un déluge de fer et d'acier s'abat sur les fortifications allemandes. Le pilonnage des batteries et des plages est dévolu à 28 cuirassés, un grand nombre de croiseurs et à 37 destroyers. C'est le début de la bataille. A terre les impacts se succèdent et le littoral s'embrase. La batterie d'Houlgatte encaisse 218 projectiles de 406 et 380 mm. 928 obus de 152 mm s'écrasent sur les bunkers. A Berneville, l'ouvrage subit un tir de 302 coups en provenance des cuirassés Rodney, Warspite, Ramillies et Roberts. A proximité d'Arromanches, les casemates de Longues sur mer sont prises à partie par les croiseurs britanniques Ajax et Argonaut qui effectuent un tir de 179 obus de 152 et 127 mm. A la pointe du Hoc, 250 projectiles de 355 mm s'abattent dans le périmètre de la batterie. Ils sont tirés par le cuirassé américain Texas.
05H42, l'artillerie allemande entre en action. Malgré les bombardements aériens et le tir précis des navires de guerre, la plupart des canons sont intacts. Les premiers éléments alliés débarquent en avant des obstacles semés sur la côte, et sont immédiatement pris sous le feu des casemates de flanquement. Nous sommes le 6 juin 1944 entre 06h00 et 08h00 du matin.
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Le cuirassé américain Nevada bombarde Utah (US Army)

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Le cuirassé anglais Warspite en action au large de la normandie. Ce bâtiment deviendra célèbre pour sa participation aux bombardements des batteries côtières allemandes en normandie, mais également contre les ouvrages de Cherbourg, de l'île de Cézembre au large de St.Malo, et de la batterie de 280 Graf Spee qui défend les atterrages de Brest (IWM)

Le débarquement doit permettre la mise à terre de la force d'assaut et le transport en deux mois sur le continent de 39 divisions, soit environ 2 millions d'hommes. La partie directe du dispositif naval concerne 138 navires de guerre, 221 bâtiments de faible tonnage, 287 dragueurs et navires auxiliaires, 805 bâteaux de commerce, navires hôpitaux et transports de munitions, 4000 barges de débarquement.
Le renforcement et le ravitaillement de la tête de pont consolidée le 6 juin, exigea une moyenne de 8 convois par jour entre les côtes anglaises et françaises.
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Batterie de Longues sur mer (US Army)

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Poste de commandement américain sur la plage d'Omaha (US Army)

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Bunker au terrain d'aviation de Carpiquet - Caen (US Army)

Bilan en chiffres:
287000 hommes embarqués à bord des navires le jour J
132000 soldats débarqués le 6 juin à minuit
25000 marins engagés (opération Neptune)
40000 soldats Allemands dans le secteur du débarquement
22000 parachutages le 6 juin à minuit
200000 obstacles de plage installés le long du M. de l'A.
200000 véhicules alliés débarqués
11590 appareils alliés toutes catégories confondues
10395 tonnes de bombes larguées le 6 juin
815 appareils de la Lüftwaffe disponibles le jour J
200 navires de guerre ayant participé au bombardement naval

Pertes:
10500, nombre de pertes alliées le 6 juin à minuit
10000, nombre de pertes allemandes estimées
6000, pertes américaines le 6 juin
2500 pertes sur la plage d'Omaha
1063 pertes canadiennes sur la plage de Juno
630 britanniques sur la plage de Sword
413 britanniques sur la plage de Gold
355 canadiens tués sur Juno
197 tués américains sur Utah

120 navires alliés endommagés (6 au 30 juin)
59 navires alliés coulés
11085 missions effectuées par les forces aériennes le 6 juin

Ces chiffres ne sont que des estimations à titre indicatif, sans certitudes mais approchant néanmoins la réalité.


FIN

Sources bibliographiques, La forteresse Atlantique part I, II, III:
Etat-Major de la Marine, participation de la marine au débarquement de Normandie, section historique 1969
Archives du Groupe d'Etude LE MUR/FORTIFS
Mémoires d'Albert Speer "Au coeur du IIIeme Reich"
Objectif Douvres P.Gamelin
L'O.T. de R.Smeets et JP Chantrain
Ministère des Armées (SHM)
Le Mur de l'Atlantique de R.Desquesnes
Des plages normandes à Berlin, C.Bertin
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