Le Mur de L'Atlantique

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 Brest, vue générale

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ORION

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MessageSujet: Brest, vue générale   Sam 18 Juil 2015 - 11:53

BREST


Lorsqu'en 194O les ingénieurs et les officiers de la kriegsmarine sillonnent le littoral de l'Atlantique , ils ne tardent pas à comprendre les avantages et les ressources que représentent les ports français . A cette époque , les sous-marins allemands sont obligés de parcourir de grandes distances pour parvenir dans l'océan où ils chassent sans répit les convois britanniques. Avec l'établissement de bases dans les ports de la côte occidentale , le temps économisé sur le trajet de la mer du nord à l'océan serait reporté en opérations de guerre , et la Lütwaffe pourrait quant à elle , assurer efficacement la couverture dans le golfe de Gascogne . La protection contre les bombardements aériens des sous-marins dans les ports , devrait en outre être complète que si ceux-ci pouvaient être mis sous des abris fortement bétonnés pendant les périodes de repos et de réparations .
Le 29 août 1940 , à Lorient , l'amiral Dönitz fait établir les plans des nouvelles bases de l'atlantique sur des sites repérés pour leurs capacités stratégiques et géographiques . A la
pointe de Bretagne , la configuration du littoral offre toutes les qualités requises pour la construction de l'une de ces bases . En outre , le port de Brest se trouve à l'abri d'une rade naturelle permettant le refuge des grands navires de surface, et est en communication avec la mer par un goulet long de 5 km , large de 16OO m et profond de 30 m , ce qui offre l'avantage d'assurer la sécurité du plan d'eau par l'implantation de batteries d'artillerie sur les rives nord et sud du goulet . Aux débouchés de l'Atlantique et de la Manche Brest devient donc une base capable d’accueillir en son sein les U-bootes de Dönitz et les cuirassés modernes de la classe " Bismarck " .
La rivière La Penfeld est un cours d'eau naturel qui descend des plateaux du Léon au nord pour rejoindre la mer dans la rade de Brest. La profondeur de son embouchure et la largeur de ses berges permettent aux navires de venir s'ancrer à l'abri des hautes falaises qui bordent ses rives. C'est un mouillage sûr et un abri sécurisé. Le château de Brest fut construit sur un éperon rocheux à l'entrée de la rivière pour contrôler la rade et l'accès à La Penfeld, avec des vues étendues sur le goulet vers la haute mer. C'est un lieu stratégique qui fut tout naturellement fortifié au fil des siècles.
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Légende du plan château
A caserne paradis
B bureau de la Place 1822 1859
C caserne de l'Esplanade, infirmerie
D caserne des officiers (détruite par les bombardements de 44 (1591 1624)
E caserne Monsieur 1822 1825
F caserne César 1766
G salle d'armes 1777
H magasins de l'artillerie 1624 et 1777

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Légende :
1 Souterrain des quatre Pompes
2 Souterrain de la batterie de Sept
3 Souterrain Grande Rivière
4 Abri Sadi Carnot
5 Souterrain de la rue de l'Aiguillon
6 Réseau ferroviaire
7 Réseau ferroviaire
8 Ville de Brest
9 Porte de l'arrière Garde
10 Porte des quatre Pompes
11 Porte de la Grande Rivière
12 Porte Cafarelli
13 Voie de chemin de fer
14 Quai des flotilles
15 La Penfeld
16 Plateau des Capucins
17 Bassins et stations de pompage

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Brest vu par Google maps. A gauche le château, la Penfeld et sur la droite le pont de Recouvrance

Le 19 juin 1940 la citadelle est occupée par les Allemands. Pendant les années d'occupation, l'Organisation Todt perce la roche dans les falaises au sud du château, au niveau du terre-plein gagné sur la mer en 1931. C'est le quartier général du général Ramcke qui commande la festung Brest. La ville sera alors régulièrement bombardée, notamment le 14 août 1944 pour préparer l'assaut américain contre la forteresse. Le siège durera 45 jours et Brest tombera aux mains du VIIIe CA Middleton le 18 août. Le château cependant, a bien résisté aux bombardements et à toutes ces années d'occupation.
Les ouvrages réalisés par l'O.T. sont au nombre de 9 dont 4 imposants tunnels qui traversent l'éperon rocheux. Ces tunnels sont toujours utilisés de nos jours et abritent pour le numéro 3 le Centre Opérationnels de l'Atlantique, vaste complexe de surveillance du trafic maritime. Le tunnel numéro 4 est classé secret défense et il faut être accrédité pour y pénétrer, accès par ascenseur, sas de détection, port du badge obligatoire. C'est le poste de commandement de la F.O.S.T (Force Océanographique Stratégique) installé à 80 mètres sous terre, installations informatiques à la pointe de la technologie. Les deux autres tunnels servent de station de pompage et d'ateliers pour les services techniques. Une centaine de militaires travaille dans ces souterrains en permanence, comme quoi les Allemands construisaient costaud.

Avec l'arrivée du croiseur lourd Hipper le 27 décembre 194O , les travaux de fortifications vont s’accroître à un rythme accéléré . Le réseau défensif bien étudié par l'Organisation Todt englobe la base sous- marine ou le chantier va s'échelonner de 194I jusqu'à la fin de 1942 . Cette puissante construction longue de 340 m et large de 180 m, comprend deux parties distinctes : la première , la plus à l'ouest , se compose de trois darses protégées longues de II5 m , larges de I7 m et profondes de 8 m . Elles sont prolongées par deux autres plus modestes de 96 m .

Dans l'Est de ces darses ,un autre groupe d'alvéoles formé de 8 bassins de 99 m possédant un radier au niveau zéro, et deux alvéoles de II4 x I4 m avec radier de 2,20 m au-dessous du niveau zéro . En arrière des alvéoles et séparés par un large couloir traversant la construction sur toute sa longueur , se situent les locaux de servitudes, divers ateliers , la chambre des torpilles et celles de la troupe. Le couloir central est fermé à chaque extrémité par une porte blindée et protégé par des canonnières pour mitrailleuses .  
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La toiture de l'édifice est protégée côté rade par quatre cuves dont trois sont pourvues de tubes quadruples de 20 mm contre -avions et la quatrième d'un radar de conduite de tir . Malgré l'épaisseur des dalles de protection , seules quelques bombes perforantes de 6 tonnes lancées le 5 août I944 par des bombardiers, creuseront des brèches de quelques mètres de diamètre. L'énergie électrique nécessaire au fonctionnement des installations est fournie par une centrale à l'abri d'un gros bunker situé près de la façade nord-ouest de la base, à proximité du souterrain des quatre Pompes . Une casemate pour pièce de 75 mm contrôle la route de la corniche vers l'ouest .


Malgré l'ossature de béton qui protège les sous-marins , les installations portuaires et notamment les cales , sont recouvertes de filets de camouflage . Le long de la falaise qui surplombe la base et sur toute la longueur de l'arsenal , les Allemands réalisent un réseau de galeries souterraines desservant tous les rouages de l'armée . Ce réseau s'avance sous la ville où certaines sorties débouchent dans le quartier de Recouvrance, à saint Pierre et rue de l'Aiguillon dans le haut de la rue de Siam . Les stations de pompage des bassins sont transformées en blocs de béton et une voie de chemin de fer court de Laninon jusqu'au château sous lequel est établi le réseau souterrain cité précédemment. La ville elle-même est ceinturée d'anciens bastions modifiés en points d'appuis, et assurant l'armature de la ligne de défense extérieure (fort Montbarrey - fort Kéranroux ) .

Dans la rade , des " ducs d'albe " ont été coulés près de l'île ronde , à Lanvéoc et au Fret côté Crozon, ils répondent à une terminologie marine précise qui désigne des blocs massifs de charpente ou de maçonnerie solidement plantés au fond de la mer pour faciliter l'accostage des navires de fort tonnage. Ils sont entourés de filets de protection contre les torpilles et peuvent accueillir des bâtiments jaugeant au moins.... 35000 tonnes. Il ne peut donc s'agir que des cuirassés du type " Bismarck et Tirpitz".


La défense de la rade est confiée à de solides cargos armés de pièces de D.C.A et bourrés de barriques vides et de balles de liège . Ils patrouillent en permanence dans le chenal et devant la base ou accostent les sous-marins . Ces forceurs de blocus sont ceinturés à l'avant de câbles dans lesquels circule un fort courant électrique destiné à faire sauter les mines magnétiques mouillées par l'aviation anglaise .
Le 14 février I94I , après 12 jours de mer et après avoir coulé 33000 tonnes de navires marchands , le croiseur lourd Hipper regagne Brest . A partir du 20 mars , l'activité des forceurs de blocus redouble d'intensité . Le 22 à 03h00 du matin , les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau arrivent en rade avec 22 pavillons de victoires flottant à leurs drisses. Le 27 mai , le cuirassé Bismarck est coulé par la Royal Navy à 400 nautiques au large de Brest. Le I8 juin le croiseur lourd Prinz-Eugen entre en rade pour trouver un abri sûr auprès de l’escadre.  
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L'accès de la base côté Quatre Pompes

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A droite la base, sur la gauche le bunker énergie, et au sommet de la falaise l'Ecole navale (US Army)

Outre les tunnels du château, un réseau de chemin de fer en provenance du port de commerce traverse la porte Surcouf et longe le château dans sa partie souterraine pour suivre la Penfeld jusqu'au fond de l'arsenal et revenir sur l'autre rive, pour finalement aboutir à proximité de la base sous-marine. Cette voie est en partie à ciel ouvert et en partie souterraine suivant les aléas du terrain. Dans certaines zones de ces tunnels ferroviaires viennent se greffer des galeries qui débouchent au cœur de la ville, et qui ont servi d'abris pour la population civile lors des alertes.

Dans les années trente, la Marine enterre une partie de ses infrastructures sous le plateau des Capucins qui s'étend à l'ouest de La Penfeld et accueille de vastes ateliers qui servent pour la construction de pièces de navires. Sous le plateau court un des nombreux tunnels du chemin de fer de l'arsenal cité plus haut, mais également un labyrinthe de souterrains sur plusieurs centaines de mètres et à 30 mètres de profondeur sur plusieurs niveaux, de différentes époques et relativement bien conservé, sans chauve-souris, il faut quand même le souligner. Ces galeries servaient de casernement, d'infirmerie mais surtout de centre de stockage pour les munitions. Des conduits pour l'eau et la vapeur furent réalisés au 19e siècle sous les ateliers. Aujourd'hui la Marine rétrocède le plateau abandonné à la commune pour en faire un nouveau lotissement. Que va-t'il advenir de ce fabuleux patrimoine peu connu, that is the question?


L'aventure souterraine brestoise ne s'arrête pas là, le sous-sol de la ville est une passoire aux multiples facettes qui mérite de s'y attarder un peu. Il y a là matière à exploration car de nombreux endroits n'ont pas reçu la visite d'un être humain depuis des décennies. En venant de la plage du Moulin Blanc, la route borde une haute falaise qui se poursuit jusqu'au château. La zone du château au port de commerce a été renforcée par de puissants remparts à l'époque Vauban, La falaise reste naturelle ensuite et s'abaisse progressivement jusqu'au Moulin Blanc. Cette zone portuaire a été prise sur la mer et accueille de nombreux ateliers de construction navale ainsi que le port de plaisance. Au pied de ces falaises s'ouvrent des boyaux souterrains de dimensions variées dont on ne connaît pratiquement pas la date de construction (visite de l'un de ces boyaux en 1985 sur une longueur d'une centaine de mètres, mais seul, c'est assez dangereux – Hauteur approximative 1,50 m, largeur 0,80 m). Quelques bunkers Allemands bordent la falaise, jusqu'au fabuleux souterrain de 3000 m2 de galeries sur plus de 500 mètres construit par l'Organisation Todt en 1941, aménagé en hôpital de 200 lits avec salle d'opération, transformé en prison en 1944 par les Américains. Ce complexe a longtemps été abandonné puis est devenu pour un temps une champignonnière. Aujourd'hui, une partie des tunnels abrite un centre de tir.
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Le port et sur la gauche la station de pompage bétonnée par les Allemands (US Army)

A partir de 1941 les bombardements incessants ont démontré la vulnérabilité des services de soins brestois. Dès 1942 est mis en construction l'abri souterrain de Ponchelet prévu pour accueillir 250 malades ou blessés, avec un bloc chirurgical et divers locaux annexes. Ce souterrain relie Ponchelet à la rue Pierre Sémart (ancienne rue du Gaz). Il comprend 2 entrées dont l'une de plain-pied pour le services des ambulances, la seconde dans l'hôpital même permets de gagner les sous-sols à 20 mètres sous terre par un escalier de 119 marches. L'abri Ponchelet fut vite débordé par le flot régulier des réfugiés, les coupures fréquentes d'électricité et l'approvisionnement en eau étant déficiente, l'hygiène devint vite un soucis majeur, d'autant que certains jours plus de 1000 personnes se pressent devant l'abri. Fort heureusement pendant les périodes de calme, il est déserté afin de renouveler l'air ambiant chargé d'humidité. Durant l'assaut des forces américaines contre la forteresse, l'hôpital Ponchelet encaissa 64 obus. De nos jours l'abri souterrain existe toujours, ouvert au public seulement lors de journées portes ouvertes.
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Abri infirmerie de l'hôpital Ponchelet

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1941 marque le début des bombardements réguliers sur la forteresse, notamment l'arsenal qui est particulièrement visé en raison de la présence des croiseurs de bataille Allemands Scharnhorst, Gneisenau, et du croiseur lourd Prinz Eugen. La présence de ces navires entraîne des raids de plus en plus meurtriers, la ville est bombardée, les immeubles détruits, et la population se terre tant bien que mal. C'est la période de construction de l'abri Sadi-Carnot, vaste complexe souterrain de 560 mètres destiné à accueillir la population lors des alertes. Ce complexe dispose de deux entrées, la première de plein-pied à proximité de la porte Tourville (arsenal), la seconde en ville place Sadi-Carnot (154 marches d'escalier). Particularité de ce souterrain, la zone allant du centre ville à la rue Amiral Linois, environ 250 mètres de galeries, est dévolue à la population civile. De la rue Amiral Linois à la porte Tourville ce sont les Allemands de l'Organisation Todt qui occupent les sous-sols. Dans cette partie allemande séparée de la zone civile parune simple cloison de bois, se trouve le groupe électrogène de secours qui alimente le réseau en électricité, mais également la réserve de carburant nécessaire à l'alimentation du groupe et une réserve de munitions. Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944, à deux heures trente du matin, des parachutistes bien énervés d'être obligés de monter au front, s'en prennent aux hommes de l'O.T. à l'entrée de l'abri Sadi-Carnot, leur reprochant leur passivité. Altercation, bagarre. Que s'est-il passé par la suite? Nul ne le sait exactement. Toujours est-il qu'un incendie éclate dans le local des groupes électrogènes et se propage jusqu'à la soute à carburant. Une formidable explosion ébranle les galeries. Les réfugiés civils tentent de fuir vers la sortie en empruntant l'escalier mais la grille est fermée. Le souffle de l'explosion les propulse les uns contre les autres. Les munitions entreposées éclatent à leur tour, transformant l'abri en une fournaise et répandant dans les galeries une fumée épaisse et âcre. Une seconde déflagration beaucoup plus puissante se produit et une énorme flamme s'échappe par l'entrée de la porte Tourville et s'élève dans le ciel. Ceux qui se trouvaient éloignés du lieu de l'accident se sont retrouvés bloqués par la grille fermée, mais la deuxième explosion l'ouvre soudainement et les projette à l'extérieur. Les plus malchanceux au plus près du brasier, sont morts instantanément carbonisés. Environ 500 Allemands périssent dans le drame.Il n'y eut qu'une cinquantaine de survivants.

373 civils dont 4 enfants sont identifiés, et il fallut une quinzaine de jours pour avoir un bilan exact du drame, les sauveteurs pataugeant dans l'eau à la suite des canalisations rompues par les explosions.

En 1942, les autorités municipales ont envisagé la construction de quatre abris souterrains, seuls deux seront construits et achevés en 1943. A recouvrance les tunnels de la Marine sont aménagés pour accueillir la population, l'ensemble du dispositif de protection étant de l'ordre de 40%.
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L'abri Sadi-Carnot

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L'une des entrées de l'abri Sadi-Carnot

On note: St.Pierre-Quilbignon, abri passif à 9 mètres de profondeur sous l'église, accès par un escalier de 32 marches. Abri de Kerzudan, du Petit Paris, de Keraros, de Castel An Daol, rue Armor, les Quatre Moulins, abri de Kerbonne, du Rouisan, du Landais, de Kerangoff, de Keresseis.
Recouvrance: Abri sous les remparts, abri de la rue de l'église, abri de Recouvrance rue de La Porte avec accès par un escalier de 117 marches donnant directement dans le tunnel ferroviaire qui passe sous Recouvrance.
Brest centre: Abri de l'Annexion, du Pilier Rouge, de l'Hôtel de Ville, St.Martin (crypte), place Guérin, place Wilson, de la Majorité (pompiers), de la caserne d'Aboville.
Lambézellec: Abri de la Brasserie, du Moulin à Poudre.
St.Marc: Tranchée du bourg, de Guelmeur, abri Ponchelet, du Forestou, Abri place Anatole France.

La plupart de ces abris sont gérés par la défense passive. Ils sont généralement souterrains à une profondeur variant de 6 à 18 mètres.


En arrière de la base sous-marine, toujours dans la falaise, sont creusés de nombreux souterrains à vocation militaire, ateliers de réparations, centre de stockage des torpilles etc... L'Ecole Navale située au-dessus de la base sous-marine sert de casernement à l'Etat-major et aux équipages de U-Bootes. Pour relier les deux ensembles, un vaste réseau de galeries se ramifient pour former d'imposants dortoirs, des magasins et des ateliers, du simple tailleur à l'armurerie en passant par l'infirmerie. La partie sanitaires est particulièrement soignée. Côté arsenal, ces souterrains débouchent sur 5 sorties dans la falaise, la jonction directe avec l'Ecole Navale se faisant par un tunnel à escalier débouchant au milieu de la cour Borda. Celui des Quatre Pompes est un centre de repos pour les équipages de U-Bootes.  
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Bunkers et tunnels se cotoient dans le quartier du Bouguen

Devant l'énergie déployée par l'occupant pour fortifier le port et les approches de Brest, et surtout la présence des grands navires de surface de la Kriegsmarine, l'aviation anglaise forte de 3300 appareils tente d'atteindre les navires, déversant plus de 4000 tonnes de bombes et perdant 43 avions et 247 aviateurs sans réussir à mettre définitivement les croiseurs hors d'état de prendre la mer .
En un an, de juin I940 à juin I94I , Brest subit I07 bombardements et connaît 242 alertes . Les avions infligent au port le 24 juillet le plus cruel bombardement de l'année . La base sous-marine dont l'édification constitue une cible parfaite avec son déploiement de bétonnières , de pelles a vapeur et de camions de sable , n'est pratiquement pas touchée . Lors de ces alertes, les Allemands utilisent un produit à base de chlorlydrine sulfurique, pour créer un nuage de fumée artificiel au-dessus des installations militaires .
Malgré un système défensif important autour de la base sous-marine , la défense en profondeur des approches de la ville est confiée à deux batteries lourdes installées l'une proche de la pointe st Mathieu ( batterie Graf Spee - pièces de 280 mm ), l'autre dans la presqu'île de Crozon ( batterie de Camaret - 220mm ).
Ces deux ouvrages sont l'ossature de la défense lointaine vers le large .
Plusieurs batteries annexes sont également tournées vers la mer et placées soit le long du goulet , (batteries kerdalaes, Toulbroc , les Rospects , Portzig , Mengan , pointe des Espagnols), soit en retrait à l'intérieur des terres ; ( batteries de Villeneuve , de kérizaouen , de kergounan , de kéroual, de Landaouédec, Trémaïdic, Pen ar Menez, Cap de la Chèvre etc.. ) . Une seule de ces batteries fait exception à la règle ; il s'agit de l'ouvrage de kerbonn ( Crozon ) qui possède des casemates d'un type particulier. Uniques sur le Mur de l'Atlantique , elles ont le privilège d'avoir deux chambres de tir orientées vers le large ( 4 X I64 mm ), et aussi en sûreté des arrières de la batterie ( 4 X 75 mm ) .
Au total , la forteresse de Brest dispose pour assurer sa défense de I2 batteries servies par la Heer et 26 positions de Flak ( 73 canons de I05 mm et 8 de I28 mm ).
Brest devient ainsi une " festung " digne de ce nom , un formidable camp retranché dans lequel le 9 août 1944 , 29000 hommes des armées de l'air, de terre, et de la marine, tenteront de résister aux assauts répétés et aux coups mortels assénés par les forces alliées .

Le 23 août , après un bombardement massif et l'appui des forces navales qui croisent au large, les Américains encerclent la ville et alignent devant la cité plus de 650 pièces d'artillerie. C'est le début d'un combat acharné qui s'achèvera par la reddition allemande et la chute des ouvrages implantés le long du littoral.  
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Bunker infirmerie devant le château (US Army)

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Tourelle de char dans le haut de la rue Jean-Jaurès (US Army)

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Reddition allemande place Wilson (US Army)

FIN........
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Brest, vue générale
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