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 La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.

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RoBunker
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MessageSujet: La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.    La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu  de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.  EmptyLun 29 Oct 2012 - 19:12

Bonjour à tous,

Peu de gens le savent, mais la rédition officielle et donc la Libération de La Rochelle n’a eut lieu que le mercredi 9 mai 1945.

Revenons sur l’histoire de cette libération et sur les évènements qui ont conduit à la sauvegarde de la ville et de ces installations portuaires.

Les informations qui vont suivre sont tirées du livre Entre marins Rochefort, La Rochelle, Royan 1944-1945 de l’Amiral Meyer, livre écrit à l’aide des carnets dans lesquels il avait pris les notes du cours des évènements durant leur déroulement.

L’homme qui a permis cela est l’Amiral Meyer (alors Commandent). C’est lui qui de août 1944 à la libération mènera les pourparlers avec les autorités allemandes.

En 1936, dans l’après-midi d’un été brûlant, le Commandant Meyer reçoit à Rochefort, des mains de l’Amiral Préfet Maritime, sa lettre de Commandement de La Bayonnaise, torpilleur de 600t en achèvement aux Chantiers de la Gironde. Ce sera son seul passage à Rochefort avant les évènements de 1944.

A la déclaration de guerre, il se trouve à Rabat au poste « d’attaché naval » auprès du Résident Général au Maroc, le Général Noguès, que le plan de mobilisation devait muer en Commandant en Chef d’Afrique du Nord. Il assure la liaison entre le Général Noguès et l’Amiral Darlan.

Après l’armistice, il est affecté à l’Etat-Major de l’Amiral à Alger.

En 1942, après le débarquement alliés en Afrique du Nord, il est de retour à Toulon, où il est chargé de la destruction d’une division de vieux contre-torpilleurs désarmés dans l’arsenal. Il est alors embarqué sur le Tigre.
Chose qu’il n’eut pas à faire, puisque, dans la soirée du 22 novembre 1942, l’Amiral Dornon, Major Général, lui demande de passer la suite à son second et de prendre le commandement d’un bataillon de marins improvisé pour tenter de bloquer les portes de l’arsenal de Toulon, et ainsi empêcher les Allemands d’atteindre le mouillage de la flotte.
Dans la nuit, une division Panzer déferlait sur Toulon, et la suite de l’histoire (que tout le monde connaît) serait trop longue à conter.

Durant un hiver précédent -l’année 1944-, le Commandant Meyer se trouve à Paris au sein d’un groupe d’officier de Marine « démobilisés » après le sabordage de la Flotte, qu’il est chargé de camoufler dans des emplois civils.
Un jour de printemps, l’un de ces anciens chefs, le Vice-Amiral Barnaud, Sous Chef de l’Etat-Major Général, s’en vint tout exprès de Vichy pour l’engager à disparaître, sachant que l’Amirauté désapprouvait ces initiatives, et que, d’après la Sécurité Navale, la police aurait eu vent de ces activités.
C’est ainsi qu’il ralliait prématurément la zone atlantique où, fort de ces attaches personnelles, il disposait de bonnes possibilités d’action.

Aux termes d’instructions reçu d’un chef occasionnel qu’il avait sollicité, le Capitaine de Vaisseau Le Tesson, Commandant de la Marine à Bordeaux, sa mission est de se rendre à Rochefort avant le départ des Allemands pour tenter de faire échec à leurs plans de destructions. Il lui appartient si possible d’étendre cette action à la zone portuaire de La Rochelle-La Pallice. Mission qu’il qualifie d’aviron tordu, expression de la Marine signifiant que l’on a un mauvais outil pour courir une mauvaise chance.

Il se rend à Rochefort à bicyclette le 24 août 1944, mais ne pouvant y arriver avant la nuit décide d’obliquer sur Royan, pour passer la nuit au vieux logis de Mons, propriété de famille.
Le lendemain à l’aube, bien que cela fut compliqué, il réussi à sortir de justesse de Royan, l’heure de son passage des postes de gardes ayant coïncidé avec la fermeture définitive de la forteresse.
A l’aube naissante, sur la route de Rochefort, il aperçoit alors en direction du Nord, un lourd nuage de fumée par-dessous quoi rougeoyaient des lueurs qui par moments, s’irradiaient d’un vif éclat ou de sombres rougeurs.

Vous l’avez compris, le Commandent Meyer arrive trop tard pour l’accomplissement de ça mission à Rochefort. Il se met alors en quête de l’officier de la Marine représentant l’Amirauté de Vichy, le Capitaine de Frégate Seguin, qui lui apprend que les Allemands se sont retiré sur La Rochelle après avoir incendié l’arsenal et embouteillé la charente. La situation et l’ancienneté de grade du Commandant Meyer, l’autorisaient à prendre sur-le-champs le commandement de la Place, il juge cependant préférable de laisser en place le capitaine Seguin, dont il connaît les solides qualités et qui est plus au fait de la situation et des lieux. De plus, en cas de retour de l’ennemi, il est préférable qu’il retrouve en place le représentant de la Marine, auquel il était accoutumé. Les deux hommes entreprennent alors des actions afin de maintenir l’ordre à Rochefort.

Cependant, il ne pourront pas empêcher plusieurs accrochages avec des éléments allemands, et notamment le 25 août, la mort d’un officier, abattu alors qu’il tente de rejoindre ça voiture, dont le chauffeur prend la fuite. Celui-ci sera transporté à l’hôpital, où il décédera. Le même jour, 2 soldats allemands qui traversaient la ville en motocyclette sont également abbatus. Alors qu’un groupe de personnes affolées, sorti dans la rue en hurlant « Les voilà, ils rentrent en ville », les cadavres sont jetés dans la Charente pour éviter toutes représailles.

Le 27 août les guetteurs, disposés sur la route de La Rochelle, signale une forte colonne allemande comprenant blindés et artilleries. Les Allemands se rendent au domicile du Maire et lui remettent un ultimatum : « Ou bien les militaires allemands disparus dans Rochefort sont retrouvés morts ou vifs, ou bien la ville serait détruite par le feu. Pour l’instant un certain nombre d’otages seraient pris, qui répondraient de la sécurité des troupes allemandes ».

Le capitaine Meyer décide alors de prendre officiellement le commandement de la place, et se rend à l’Hôtel de France où l’ennemi à installé son P.C..
Le commandant Meyer décide alors de dire la vérité au sujet de l’officier allemand abattu (celui qui fut transporté à l’hôpital) et concernant les 2 soldats abattus, se content de dire que ces faits sont arrivés avant qu’il n’ait eu le temps de remettre de l’ordre dans la ville.

Les négociations ont lieu avec l’Oberleutnant Schröter, et après avoir établi que les hommes allemands abattus, l’avait été en raison de l’abandon de la place par les troupes allemandes, qui l’ont laissé sans force de l’ordre alors qu’elles étaient toujours considéré comme troupes occupantes, et donc responsable du maintien de l’ordre, les deux hommes décident de mettre en place un service de l’ordre, constitué d’une vingtaine de gendarmes, quelques pompiers et un certain nombre d’anciens marins, en réalité, les résistants de Rochefort, pris les armes à la main et présenté comme telle afin de leur éviter d’être fusillés (il n’y a que 3 vrai ancien marin. Le capitaine Seguin leur fournira à tous un uniforme de la Marine et ces hommes constitueront plus-tard le bataillon de fusillers-marins de Rochefort). Le commandant Meyer réussi à persuader l’Oberleutnant que l’ordre doit être maintenu par des éléments français pour éviter tout nouvel accrochage. Ceci leur permet en fait de récupérer et trier le matériel abandonnés par les Allemands dans l’arsenal. Ce qui peut-être récupéré sera cacher, et ce qui est hors d’état, remis ostensiblement aux Allemands.
Cependant dans la nuit du 28 août, les corps ballonnés des 2 soldats jetés dans la Charente revinrent à la surface dans un bassin du port. Les cadavres seront alors mutilés (pieds et poings liés, ventre entaillé et lesté de pierres) afin de les faire disparaître à jamais.

Le 2 septembre, alors que cette étrange « collaboration » à toujours lieu, le Commandant Meyer approche l’Oberleutnant Schröter, en lui faisant savoir que la fin de la guerre étant proche, et le sort des troupes allemandes des poches de l’Atlantique déjà scellé, il serait peut-être plus sage d’envisager une capitulation.

Avec l’accord de Schröter, le Commandant Meyer se rend alors à Bordeaux le 3 septembre, pour « tâter le terrain auprès de ces chefs directs » en vue de l’engagement de pourparlers avec l’ennemi.
Il fait un rapport de la situation au Capitaine de Vaisseau Le Tesson, qui le mena chez le « Commissaire Régional de la Libération », qui répond au surnom de « Triangle ». Malgré des encouragements, il ne sort rien de cette entretien.
Le Commandant Meyer en serait resté là, si il n’était pas tombé sur son beau-frère Herman Cruse, alors attaché au Q.G. des forces du maquis du Sud-Ouest qui le mit en rapport avec son chef.
Le Colonel Adeline fait alors un exposé de la situation au Commandant Meyer, et sa conclusion est qu’il serait vain de tenter contre les forteresses côtières, une attaque en règle avec les seules forces du maquis.
Le Commandant Meyer demande alors au Colonel d’informer le Commandement Français de l’action qu’il avait entreprise, laquelle pourrait aboutir à l’évacuation de Rochefort et qui sait, à la capitulation de La Rochelle. Il le prie également d’intervenir afin que l’on renonce pour le moment à toute action aérienne sur les deux villes.
Le colonel lui promit alors de faire de son mieux, et l’engagea à poursuivre ces manœuvres d’intimidation auprès de l’ennemi, sans toutefois engager de négociation.

Le Commandant rentre alors à Rochefort pour y trouver une situation tendue.
En effet, les Allemands on retiré de la vase du port, à marée basse, les cadavres des 2 soldats Allemands, et ils sont furieux en raison de l’état dans lequel ils ont retrouvé leurs hommes. L’obertleutnant menace alors d’appliquer son plan de represailles.
C’est alors de le Commandant lui dit : « Je rapporte de Bordeaux des choses dont la portée dépasse les regrettables mais mineurs incidents survenus ici. Ces choses sont si importantes que je crois devoir les communiquer directement à votre chef de La Rochelle. »
C’est ainsi que, le 6 septembre 1944, le Commandant Meyer se rend à Lafond, au Q.G. de l’Amiral Schirlitz, commandant la festung de La Rochelle.
Il réussi alors à sauver Rochefort, et dès le lendemain, se rend à Bordeaux, mais n’ayant pas trouvé le « Commissaire Régional de la Libération », il se rend alors à Cognac pour trouver le Colonel Adeline.

Le 10 septembre à 16h, est alors organisé la première rencontre officiel, au casino de Chatelaillon, entre le Général Bertin (Chevance de son vrai nom) délégué du Général de Gaulle pour le commandement des F.F.I. dans la zone comprise entre Rhône, Loire et Pyrénées.

A la suite de cette entrevue, les Allemands se replieront définitivement de Rochefort le 12 septembre. Lors de la première Assemblée Municipale qui comptait les plus « authentiques » résistants, le Commandant Meyer est fait citoyen d’honneur de la ville à l’unanimité.

Le Commandant Meyer rencontrera ensuite le 18 septembre, le Général de Gaulle, à Saintes. Celui-ci, approuvera les démarches entreprises et le soutiendra dans son action.
Je site : « J’approuve en principe ce que vous avez fait jusqu’ici et je vous félicite des résultats obtenus, notamment pour Rochefort. Toutefois, je désire qu’en aucun cas il ne soit conclu avec l’ennemi d’armistice local à caractère définitif. Les poches allemandes doivent être, et seront, réduites par la force ».

Après un premier échange de prisonniers et plusieurs entrevues afin de mettre au point les termes de la convention, celle-ci fut signé par le colonel Adeline le 18 octobre 1944 et par le Vice-Amiral Schirlitz le 20 octobre 1944.


Cordialement

Ro, Thomas, Titus

C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son que certains ont l'air brillant avant d'avoir l'air con.


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MessageSujet: Re: La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.    La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu  de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.  EmptyLun 29 Oct 2012 - 19:13

Voici le texte de la convention :

IVe République
Forces Française de l’Intérieur
Etat-Major Adeline

CONVENTION.

Dans le but d’éviter la destruction des installations portuaires et urbaines du port de La Rochelle-La Pallice, destruction qui serait inévitable dans un combat, entre les Commandements militaires français et allemand, il a été convenu ce qui suit :

ARTICLE PREMIER. – Les zones désignées ci-après ne peuvent faire l’objet d’attaques :

-ni par terre,
- ni par mer,
- ni par air,
soit de la part des troupes française, soit de la par des troupes allemandes.
Les zones en question sont délimitées comme suit :
a) Zone interdite à l’action des troupes française : l’île de Ré et une portion de terre ferme limitée, du côté de la mer, par la ligne de basse marée, du côté de la terre, par la ligne indiquée en rouge sur le plan joint en annexe.
b) Zone interdite à l’action des troupes allemandes : les régions situés à l’est de la ligne figurée en bleu telle qu’elle est indiquée sur le plan joint en annexe.

ARTICLE II. – Dans la zone indiquée au paragraphe I a, le Commandement allemand s’engage à s’abstenir de toute destruction des installations portuaires et urbaines.

ARTICLE III. – Dans la zone indiquée au paragraphe I a, le Commandement français s’engage à ne pas fomenter ou appuyer des mouvements de résistance et des actes de sabotage de la part de la population.

ARTICLE IV. – Dans la zone comprise entre les lignes rouge et bleue sus-indiquées les deux parties contractantes se réservent pleine liberté d’action.

ARTICLE V. – En ce qui concerne l’île d’Oléron, les deux parties contractantes se réservent également pleine liberté d’action.

ARTICLE VI. – Il est convenu que le Commandement militaire français ne demandera pas l’aide du Commandement allié autour de La Rochelle.
Au cas où une telle intervention serait inévitable, il s’engage à dénoncer la présente convention.

ARTICLE VII. – Le délai de préavis de dénonciation est fixé à 4 fois 24 heures à compter de minuit faisant suite au jour de dénonciation.

ARTICLE VIII. – Le présent accord entrera en vigueur le 20 octobre à zéro heure.

P.C., le 18 octobre 1944.

Le Colonel Adeline, Commandant les Troupes françaises en opérations dans le secteur Royan-La Rochelle.

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Suite à la signature de cette convention, le Vice-Amiral Schirlitz voulut expulser tous les civils resté dans la poche (environ 60 000), ne pouvant leur offrir une alimentation suffisante. En raison de la difficulté de cette évacuation durant cette hiver rigoureux, mais également du fait que La Rochelle vidé de ces habitants, il serait difficile de convaincre les Alliés de s’abstenir de bombarder la ville, Meyer et Adeline vont s’opposer à cette mesure et réussir à convaincre Schirlitz.
Pour ce faire, ils vont s’engager à ravitailler la population civile de La Rochelle, chose qui sera difficile à faire accepter aux populations libérées toujours soumises au rationnement, d’autant plus que les habitants restaient dans la poche étaient considéré comme des collabos qu’il fallait mettre à genoux par la famine comme lors du siège de 1628.
Apparaîtra alors une propagande « anti-Meyer » qui trouvera de nombreuse oreilles attentives, la population comme les troupes ignorant les termes de la convention du 20 octobre que, pour des raisons évidentes, les commandements respectifs avaient tenue secrète.
On verra alors sur les murs de Rochefort des graffiti « Meyer le traître », celui-ci recevra d’insultantes lettres anonymes ainsi que des menaces qui n’épargnaient même pas sa famille. Il sera également victime d’un coup de feu à Rochefort, suite à quoi il fera savoir largement qu’il avait toujours sur lui un revolver et 2 grenades à mains.
Enfin, un jour de novembre, alors qu’il va franchir les lignes allemandes à la faveur d’une trêve dûment convenue, afin d’organiser un échange de prisonniers, sa voiture, porteuse d’un drapeau blanc, est prise sous des tirs venant des lignes française, il devra se réfugier dans une casemate allemande.


Cordialement

Ro, Thomas, Titus

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MessageSujet: Re: La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.    La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu  de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.  EmptyLun 29 Oct 2012 - 19:13

Une petite remarque ici, on lit souvent que le Commandant Meyer a mené les négociations qui ont aboutie à cette convention sous les ordres du Général Larminat, ce qui est totalement faux comme vous venez de le voir.

En effet, le Général Larminat a été nommé officiellement Commandant en Chef des Troupes de l’Ouest le 22 octobre 1944, et le temps de son installation prendra ces fonctions à compté du 17 novembre 1944. Il sera alors mis devant le fait accompli de cette convention.

Il dénoncera la convention le 10 avril 1945, malgré l'opposition du colonel Adeline, en raison des préparatifs pour l'attaque de la poche de Royan, afin que les Allemands de La Rochelle, se sentant à l’abri de la convention, ne viennent en aide à l’amiral Michahelles.

Voici la traduction de la lettre de réponse de Schirlitz
"Q.G. le 11 avril 1945.

Très honoré Monsieur le Général,

Je confirme que j'ai reçu votre communication écrite en date du 10 avril 1945 n°1111- aux termes de laquelle la Convention conclue entre les Commandements Français et Allemand et relative à la non-destruction des installations portuaires de LA PALLICE devient caduque à partir du 16 avril 1945, 0 heure (G.M.T.).
Veuillez agréer, Monsieur le Général, l'expression de ma plus haute considération.
Signé: Schirlitz

Lors d’une entrevue, qui a lieu le 18 avril 1945, le capitaine Meyer s'aperçoit de la mine abattu du vice-amiral Schirlitz. Il apprend alors que celui-ci vient d'apprendre la mort de femme, ces deux filles et ses six petits-enfants dans un bombardement de Kiel.
De cette entrevue naîtra le statu quo qui repose sur la parole des deux hommes.

Si les forces française vont réussir à resserrer leurs lignes, la ville ne sera ni bombardée ni attaquée.

Si les troupes française entre dans La Rochelle le 8 mai, afin de maintenir l'ordre (les troupes allemandes sont consignées dans leurs casernes sur ordres de Schirlitz), l'ordre de reddition et donc la libération de La Rochelle n'auront lieu que le 9 mai.

Alors que le capitaine Meyer a été promu au grade supérieur et qu'il s’apprête à partir pour prendre le Commandement de la Division Navale du Levant et de la Marine à Beyrouth, il apprend que l'amiral Schirlitz est enfermé dans une cellule du Fort du Hâ, prévenu de complicité de crimes de guerre.
Le capitaine Meyer se rend immédiatement à Bordeaux, et se rend à la prison à une heure tardive. En ce mois de décembre 1945, l'amiral est emprisonné dans des conditions lamentables que Meyer s'empresse d'amélioré. Il apprend également que l'amiral n'a reçu aucun courrier et n'a reçu aucune nouvelle. Le contre-amiral Meyer se rend alors à Paris afin de trouver des informations. Déçu de l'accueil reçu par le Directeur de la Justice Militaire, il essaye au ministère de la Guerre et au Gouvernement Provisoire, où il n'a pas plus de succès. Une inspiration singulière lui dit alors de se rendre à l'Ambassade d'Angleterre. Il y apprend alors que la femme de l'Amiral et sa fille Emma sont toujours vivante. Meyer retourne immédiatement à Bordeaux pour annoncer la nouvelle à Schirlitz.
Suite au témoignage de Meyer à son procès, l'amiral Schirlitz est acquitté. Sa mise en liberté a lieu en octobre 1947.

Sources:
Entre marins Rochefort, La Rochelle, Royan (1944-1945) Amiral Meyer


Cordialement

Ro, Thomas, Titus

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MessageSujet: Re: La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.    La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu  de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.  EmptyJeu 14 Mar 2013 - 16:05

La convention originale se trouve au Musée d'Orbigny, don du Général de Larminat en 1974. Ce sera un document important de l'exposition à venir sur la poche de La Rochelle.
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MessageSujet: Re: La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.    La convention de La Rochelle ou l’histoire méconnu  de la sauvegarde d’une ville et de ses ports.  EmptyJeu 14 Mar 2013 - 17:42

En effet, document important.

Faudra que je mette mon texte à jour, car après lecture du livre de Christiane Gachignard, elle donne des dates et fait intéressant qui ne sont pas dans les autres livres que j'ai pu lire.


Cordialement

Ro, Thomas, Titus

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